Ça n'a pas changé d'un iota: j'ai toujours dans la tête une liste d'articles à rédiger, qui s'accumulent au fil des nuits d'insomnie et des jours, et aussi de mes humeurs.
Celles-ci se succèdent , bonnes ou mauvaises, en désordre. Il faudra que je le dresse, cet inventaire sur papier/google sheet, avant d'en oublier, car tous les sujets sont importants, juste certains plus urgents que d'autres. Ce qui fait que dans mes brouillons, j'ai des articles en attente qui se résument pour le moment à un titre (souvent temporaire) et quelques idées jetées en vrac pour conserver l'essentiel de ce que je veux dire pour accompagner ce titre (provisoire je rappelle).
J'ai toujours cette tendance naturelle à procrastiner. J'ai tant de choses à faire, pro et perso, en permanence, que je me sens littéralement paralysée, en ne sachant pas par quel bout attaquer la pile...J'ai appris récemment que faire les choses les unes après les autres, petitement, ça marche aussi et ça ne prend finalement pas beaucoup plus de temps. C'est en tout cas moins décourageant.
Et en vacances, au contraire, alors que je devrais me sentir légitime à ne rien planifier, et encore mieux, à ne rien faire, je culpabilise (presque) d'y arriver. Enfin, ça!, c'est sans compter sur le bipède que j'ai adopté (ou bien est-ce l'inverse) il y a plusieurs décennies et qui est incapable de ne rien faire.
L'adage (ou précepte) de mes vacances devrait être: déconnexion. Autant dire mission impossible. J'ai déjà décroché de Candy crush (jeu addictif et extrêmement chronophage, mais bon punching-ball), je décroche étonnamment plus facilement des tâches ménagères que de facebook et d'instagram, mais je me soigne. J'ai même installé une appli qui bloque des horaires et me donne des bons points virtuels si je respecte les contraintes. Mon côté bonne élève disciplinée ressort opportunément pour m'aider à canaliser cette perte de temps que sont les réseaux.
Par contre la lecture intensive est possible, et fortement recommandée, ainsi que les mots fléchés (niveau au moins 4, si ce n'est 5 avec un peu d'entraînement).
Le sport, une nourriture saine et la sobriété le sont également (recommandés) mais pour que ces efforts soient récompensés, un temps de vacances bien plus long serait indispensable (déjà qu'apparemment nous sommes des privilégiés si nous comparons avec les témoignages de pas mal d'autres vétérinaires...🤨) et comme tout fantasme, il ne se réalise jamais. Alors disons que je survole le sport, je choisis la nourriture avec soin, et je garde la sobriété pour des jours meilleurs.
Sous un aspect extérieur mollissime (c'est le stade ultime du mollusque) le petit vélo que j'ai dans la tête tourne à plein régime (pas comme celui que je range dans mon garage et qui s'ennuie).
Ce vélo est particulièrement en roue libre depuis quelques semaines, car c'est un peu l'année du grand changement à la clinique.
Nous: car comme vous le savez, derrière le "moi" professionnel, il y a un "nous", avec qui je partage les bons et les mauvais moments, comme dans un mariage. Et comme dans un mariage, ou en tout cas comme on devrait le faire quand c'est le cas, si on sent que ça commence à pédaler dans la semoule (si, si, vous voyez bien l'idée), plutôt que de se séparer en mode "c'est plus simple, gnagnagna", le "nous" a décidé de se donner les moyens d'un grand ménage dans notre pratique, nos habitudes, bonnes et mauvaises. Il a fallu prendre des décisions, accepter nos erreurs et mauvais choix pour les transformer en outils pour avancer, pour nous donner une perspective et une appétence nouvelles pour exercer ce métier, et soutenir notre entreprise. Tout ça dans un contexte de réchauffement climatique et de chaos socio-politique très anxiogènes, qui auraient plutôt tendance à faire baisser les bras que se remonter les manches.
Ce "nous" doit travailler à ré-enchanter notre association, nous redonner du cadre et de l'envie. Nos corps et nos esprits épuisés puisent dans leurs dernières forces pour sortir de l'ornière avant d'être complètement enlisés (OK c'est un chouilla dramatique, mais ça résume bien l'ambiance). Nous avons évoqué l'une comme l'autre une montagne, voire un Everest à gravir. Comme quoi nous nous rejoignons sur ces sujets. Et c'est une bonne chose. Main dans la main, depuis un bon moment et pour encore un bout de chemin.
Et j'ai pensé à cette chanson ;-)))
Je n'ai pas encore trouvé la formule magique permettant d'effacer pendant ces quelques jours de relâche les contrariétés, et les rappels de tâches à effectuer avec une dead-line, à éviter toute forme d'information autre que ludique et plaisante (les sources sont communes à tous les types d'information). Que la pause soit courte ou longue, même combat, même résultat médiocre. Je n'ai définitivement pas été montée avec l'option "décrochage du quotidien". Mais cette fois-ci, les rendez-vous qui m'attendent, nous attendent, sont des défis motivants. Quelques embûches sont à prévoir, nous ferons front, pour notre bien commun. En tout cas je veux le croire!
Parfois, un peu de spiritualité apporte aussi son lot de consolation. Chiesa di Santa Croce Altabadia
Je clôturerai ici ce court intermède, qui n'est pas destiné à être un article à part entière, juste ce qu'il est: quelques lignes jetées là en amont de réflexions plus amples et organisées, et que j'aurai probablement le temps et l'énergie d'écrire d'ici quelques semaines depuis mon Périgord chéri.
Notamment sur un sujet particulièrement difficile qu'est le burn out et l'épuisement au travail. Mais aussi ce qu'est devenu ma vie de chien depuis qu'Antoinette est arrivée. Elle mérite un article à elle toute seule, seule depuis le départ de ma blonde chérie (enfin seule, c'est relatif, elle dispose d'un aéropage de greffiers à la maison quand même!)
je vous mets ci-dessous le lien vers le dernier épisode du podcast de Leïla sur ce sujet terrible et trop ignoré, à la fois de ceux qui en souffrent et de leurs collègues.
Avertissement: sujet difficile, à écouter en plusieurs fois si trop pénible...