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Véto, mais quoi encore? Une vague histoire de listes...

À l'ancienne, mais fiable

À l'ancienne, mais fiable

"J'aime bien les listes, globalement, pour tout: les courses et les tâches à faire et que j'empile. Et alors que j'en oublie la moitié, juste au moment où je vais m'endormir, brutalement je me souviens que j'ai encore telle ou telle chose à terminer, et ça impacte mon sommeil (adepte des insomnies je suis 😑).

Donc je fais des listes, et je biffe chaque ligne faite avec satisfaction, la satisfaction du devoir accompli! J'ai cependant arrêté de faire la liste des surfaces et recoins à nettoyer dans ma maison, car force est de constater qu'à peine arrivée au bas de cette liste-là, il faut déjà recommencer du début, et c'est trop déprimant...

Les listes, ça me rassure, quand ça ne me stresse pas. Il paraît que le stress stimule (quand il ne paralyse pas, c'est paradoxal quand même cette histoire)..."

J'ai écrit ça il y a quelques années, quand la gestion multifactorielle de ma vie nécessitait une colonne vertébrale (des listes) pour tenir debout.

Depuis cette période de ma vie pas si lointaine, j'ai un peu laissé tomber ces listes, faisant confiance à mon smartphone (avec ses rappels divers et variés, enregistrés par Bibi ou envoyés par des pros peu confiants dans ma capacité à respecter mes rendez-vous, et je les en remercie, ils ont bien raison!), à mon agenda électronique (celui de la clinique sur lequel je note scrupuleusement les rappels pro, après tout, c'est fait pour ça). 

Ma mémoire de poisson rouge m'obligera jusqu'à la fin de ma vie à user de subterfuges pour éviter les oublis, au moins les plus fâcheux...

Interdépendance entre mon cerveau et mon téléphone

 

A la même époque, j'avais dressé cette liste que mon métier m'avait inspirée sur le moment:

-Vétoriginal: le véto en sandales en plein hiver au volant d'une dedeuche

-Vétomniscient: le multispécialiste, pédiatre, ophtalmologue, gastro-entérologue, cardiologue, dentiste, orthopédiste, et j'en passe

-Vétomnibus: le véto qui fait bus scolaire avant d'aller bosser

-Vétopiacé: le véto qui abuse de substances interdites...mais qu'il détient dans sa pharmacie, hé!hé!

-Vétordonné: pas mon astre (mais tu te bonifies en vieillissant!). En ce qui me concerne ça se dégrade...

-Vétobéissant: le véto salarié, parce qu'après, ça change (ceci est une boutade, je préfère préciser pour les éventuels offensés)

-Vétobéré: le véto criblé de dettes, c'est la règle

-Vétobjecteur: le véto qui nous casse les pieds à chaque réunion du service de garde (et heureusement, cette époque est révolue)

-Vétobjectif: le véto honnête qui reconnaît qu'il pédale dans la semoule avec certains cas, la majorité des cas

-Vétobnubilé: le véto qui a une idée fixe

-Vétobscène: le véto à un repas de promo...mais ça...c'était avant notre époque où on doit se censurer avant de proférer un bon mot (insulte? Minorité opprimée? Violence verbale? c'est sans fin)

-Vétobservance: le véto qui espère que ses clients vont suivre ses prescriptions

-Vétobsédé: le jeune véto mâle, après, ça se calme, la prostate vieillit... mais apparemment pas tant que ça il paraît (#metoo est passé par là, c'est plutôt une bonne chose)

-Vétorignal: véto avec des cornes...ça arrive à tout le monde...

-Vétobstétricien(ne): tous les vétos à un moment de leur carrière

-Vétobstiné: tous les vétos, tout au long de leur carrière

-Vétoccasion: pas une très bonne affaire

-Vétocclusion: le véto qui serre les dents pour ne plus avaler de couleuvre

-Vétoccupé: le quotidien du véto

-Vétoctave: amplitude du cri du véto en colère

-Vétocytocine: utile au vétobstétricien en cas de dystocie

-Vétodorat: particularité du véto soumis en permanence à plein de mauvaises odeurs

-Vétodyssée: la vie du véto

-Vétoffensé: le véto à qui on dit qu'il est intéressé par l'argent, tout le monde sait que c'est faux!archi-faux!

-Vétofficine: mythe qui pousse les radins à venir quémander un médicament sur prescription au comptoir pour économiser une consultation

-Vétolivâtre: teint du véto après plusieurs nuits de garde en rurale en hiver. On pourrait presque croire qu'il a pris des vacances, c'est un scandale!

-Vétorageux: le caractère du véto si on l'asticote

-Vétopaque: les lois de finances quand le véto calcule ses frais réels

-Vétopiniâtre: le véto têtu

-Vétopinion: avis exprimé à tout bout de champ par le vétobjecteur

-Vétoptimal: pendant une semaine le véto qui rentre d'un mois de vacances, requinqué (c'est plutôt 48h00 depuis la crise covid🙄)

-Vétorateur: le véto qui anime les soirées du service de garde, entre autres

-Vétorfèvre: le véto qui aime le travail bien fait

-Vétorgueil: le véto qui ne reconnaît pas ses erreurs

-Vétopéra: rubrique squattée par Doan sur SPQVA

-Vétorthodoxe: le véto pas catholique

-Vétorthogonal: le véto qui va bosser malgré sa hernie discale

-Vétoseille: la raison qu'à le véto de se lever pour aller travailler

-Vétoisiveté: ce terme n'existe pas!

-Vétostensible: le véto riche et qui le montre (indice: il n'est pas auvergnat)

-Vétotage: le véto qui subit les impôts, l'urssaf, les clients, etc

-Vétovale: le véto qui aime le rugby (et s'il y a dans la salle des gens allergiques, sortez vite!)

-Vétotoclave: au choix, voiture ou salle de consultation du vétérinaire , non climatisée en été

-Vétovation: le cri du véto qui réussit quelque chose

-Vétolytique: le véto en fin de carrière

-Vétoxygéné: le véto qui prend des vacances, si la PCS l'y autorise...

Elle est loin d'être complète, et surtout adaptable à l'infini à chaque vétérinaire. Elle m'a fait prendre conscience d'une chose, c'est la sensation déroutante de ne jamais avoir eu l'impression d'être complètement à ma place, à chaque étape de cette vie, d'abord étudiante, puis professionnelle.

Dessin original de Fabrice Kastanet, confrère, dessinateur et écrivain. Merci à lui

 

On parle souvent du syndrome de l'imposteur, omniprésent dans ce métier, à la fois adoré et honnis.

Déf: Le syndrome de l'imposteur est un sentiment auto-entretenu d'incompétence et de doute en sa personne et ses compétences, et qui persiste malgré les succès scolaires et professionnels. Il s'agit essentiellement d'un conflit entre la perception que l’on se fait des autres et la façon dont on se perçoit soi-même.

C'est un sujet récurrent dans les échanges entres confrères, soucieux de se montrer à la hauteur des exigences des propriétaires qui leur confient leurs animaux. C'est ce qui nous tient éveillé la nuit, à tourner et retourner un cas épineux, à comprendre ce qui s'est (mal) passé, à digérer des critiques qui mettent à mal la confiance en soi parfois bien chancelante et qui n'a pas besoin d'une peau de banane pour se vautrer.

J'ai eu l'occasion d'aborder le sujet des erreurs, et du fait qu'on ne peut pas être omniscient, sinon à se mentir à soi-même, voire à mépriser ses confrères moins compétents (l'effet Dunning-Kruger ou l'ultracrépidarianisme peuvent aussi faire des dégâts dans des strates de population éduquées, qui vont simplement surestimer leurs connaissances et compétences, et par ce phénomène juger leurs pairs alors qu'ils ne sont pas en position de le faire).

Force est de constater que la fragilité morale dans notre profession n'est pas une vue de l'esprit. Bien que je ne puisse que constater qu'à mon avis, ça s'est aggravé, en fait c'est surtout qu'aujourd'hui, on ose en parler, et il existe de nombreux moyens de témoigner sur le sujet. Des groupes d'échanges et d'entraide existent qui luttent contre le mal-être dans notre profession, avec leurs moyens. Le sujet a pris de l'ampleur, j'ai pu l'écrire récemment dans un autre article, et c'est tant mieux.

Finie l'époque où, si on était gêné par un sujet, on le poussait sous le tapis comme un petit tas de poussière: pas vu!pas pris! De la même façon que de nombreux scandales dans le milieu scolaire et périscolaire sont mis au jour, la maltraitance et la violence sous toutes ses formes pendant les études et sur le terrain ne sont plus oblitérées. L'omerta est en train de vivre ses derniers jours (mois, années, qui sait...), et c'est tant mieux!

Dans mes listes virtuelles, celles qui existent malgré moi dans ma tête, et qui se rappellent à moi brutalement quand je réalise que j'ai encore oublié de régler une facture de fournisseur, d'envoyer des résultats d'analyse ou un compte-rendu à un client, de téléphoner à ma mère (j'avoue, je la zappe régulièrement, elle est d'une extrême tolérance avec ma mémoire de poisson rouge 😅), il y a en bonne place les projets professionnels que je me suis fixée de réaliser avant la fin de mon parcours. Et cette fin s'approchant d'année en année (je suis, on ne va pas le nier, bien plus près de la porte de sortie que de l'entrée...), je dois accepter le fait que certains de ces projets ne pourront aboutir, faute de temps, d'opportunités, peut-être aussi de ce petit brin de folie/courage qui incite certaines personnes à tout chambouler et marcher sur la corde raide...:

-Exercer exclusivement en médecine et chirurgie féline

-Mettre enfin en pratique ma formation en ophtalmologie, la micro-chirurgie en particulier

-Participer à un congrès international, à Orlando ou ailleurs

-Faire un stage dans un CHV (hôpital vétérinaire)ou une université à l'étranger (Davis en Californie, soyons fous!)

-Partir en Grèce pour participer à une campagne de stérilisation de chats errants 

-Travailler quelques semaines en tant que salariée d'une autre structure, juste pour me remettre de l'autre côté du miroir et aussi me confronter à mes carences (elles sont nombreuses, je ne me berce pas d'illusions)

-Travailler quelques semaines dans la même structure que ma moitié, juste pour pouvoir affirmer avec certitude que le choix que nous avons fait (mais l'avons nous réellement fait ce choix, ou bien les circonstances nous l'ont-elles imposé malgré nous?) de ne pas travailler ensemble était le bon, le seul viable

Voilà en vrac, les quelques expériences que j'aimerais vivre. Je ne désespère pas d'arriver à en réaliser certaines. Dans le cas contraire, elle viendront compléter la longue liste de choses que je n'aurais pas faites (une évidence).

Une illustration de véto multitâches sans listes pour l'aider (produite par IA)

 

Il va falloir aussi à un moment donné que je planifie ce que je ferai après cette vie bien remplie (malgré tout) de véto. Et donc naîtra à cette occasion une nouvelle liste que je nommerai "mes projets pour après". Je n'aime pas le mot "retraite", je le trouve moche.

Ce n'est pas parce qu'on ne travaille plus comme avant, qu'on est en retrait, que diantre!

J'ai bien l'intention de continuer à (enquiquiner le monde) me rendre utile, si possible en restant dans mon domaine de compétences. Après tout, comme on dit : ce n'est pas à vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces!

Illustration de cette maxime

Illustration de cette maxime

(Vous noterez tout de même que Bibi est sacrément bordélique quand elle couche sur l'écran ses pensées qui partent dans tous les sens, heureusement qu'elle se fait aider par des listes!)

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