Que peut-on dire de plus que dans les parties 1 et 2 de "le Véto et les réseaux"? Plein de choses. Prenons un peu de hauteur pour avoir une vue d'ensemble de la présence vétérinaire sur ces réseaux (Facebook, Instagram, Tik-Tok, mais aussi X et probablement d'autres), et de son impact sur les propriétaires d'animaux.
En faisant défiler mes fils d'actualité sur les deux 1ers réseaux cités, je tombe bien entendu sur les comptes auxquels je suis abonnée, mais l'algorithme de ces réseaux est ainsi conçu qu'ils enregistrent mes centres d'intérêt, et me proposent d'autres contenus et d'autres comptes pour me garder captive le plus possible, et en profiter pour faire du placement de produit.
Parce qu'il ne faut pas se voiler la face, être présent et actif sur ces réseaux, c'est chronophage, c'est beaucoup de travail, un investissement matériel aussi la plupart du temps, pour produire un contenu qui happe un public susceptible de s'abonner. Il faut donc des moyens (des sous, du flouze, du cash, des pépettes...) pour faire tourner la machine.
Et à ce stade, on entre dans le domaine de l'influence, au sens des réseaux:
Définition de l'infleunceur(se): Personne qui influence l'opinion, la consommation par son audience sur les réseaux sociaux
Chaque confrère présent sur les réseaux et qui gagne en visibilité témoignera qu'au départ, la motivation est de partager:
-le quotidien au travail
-les challenges qui ont pu fleurir pendant la période folle du covid (attention, il tourne toujours...je dis ça...)
-des infos santé pour les propriétaires d'animaux
-du debunkage de fausses rumeurs et fausses infos, sur des sujets propres à la profession, mais aussi plus largement sur la santé, animale et humaine
-et plein d'autres choses que j'oublie...
On pense que cet appétit pour le partage, internet et les communautés, est l'apanage des jeunes générations de praticiens, mais ce n'est pas le cas. Si les seniors de plus de 50 ans sont nettement moins représentés, toutes les générations sont présentes malgré tout. Et cela contribue à entretenir des ponts entre les générations, qui connaissent de profondes fractures concernant la relation au travail et à l'animal en tant que soignant.
Je vous remets ci-dessous les liens déjà partagés dans les autres articles. Il en existe de nombreux, particulièrement aux USA , au Royaume Uni également.
Une jeune véto très dynamique, présente aussi sur instagram
Gaëlle, pourvoyeuse d'infos solides et decortiqueuse de vidéos de soins aux animaux
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The French Virologist. 33,076 likes · 781 talking about this. 👩🏼🔬Démystifie la Santé pour vous Protéger 🦠 💌 Marre des infos santé contradictoires ? 👇
https://www.facebook.com/people/The-French-Virologist/100063699591916/
L'indéboulonnable Océane, droite dans ses bottes de Bretonne
Nico, un sympathique confrère qui partage du contenu sur les soins et les fausses infos
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Épisode #87 - Charlotte Devaux - La science dans la gamelle | Vet'o micro | Ausha
Charlotte Devaux, vétérinaire nutritionniste pour chiens et chats (Lyon, 2012) au 🎤de Coline. Entre gestion d'entreprise, création de contenu et nouveau livre ✍️ en préparation, la vie d...
Un excellent podcast (il y en a d'autres) et une intervenante de qualité, à retrouver sur d'autres plateformes et sur ses sites pro
Et puis, au fil du temps, on se rend compte qu'il existe un autre message derrière le message porté par ces réseaux. Pas pour tous, ni au même niveau, mais globalement on réalise que petit à petit, on glisse de véto à influenceur, avec ce que cela représente en terme de financiarisation des partages.
Le sujet et les critiques émises à l'encontre de ce phénomène sont très bien expliqués:
Comme son nom l'indique: l'esprit critique
Et tout particulièrement cet épisode sur Youtube:
https://www.youtube.com/watch?v=7jAMf-9EekA
Parfois, on connaît l'un ou l'autre de ces personnages publics, et cette facette de lui peut être déconcertante.
Je suis d'une génération de vétérinaires qui conçoit le travail comme quelque-chose de palpable: je suis véto , je soigne des patients physiques, à poil (en tout bien tout honneur), avec des propriétaires au bout d'une laisse ou d'une poignée de cage de transport, et donc avec tout le package (satisfactions comme insatisfactions immédiates). Mais il existe une autre face de notre métier: elle est dématérialisée mais a apparemment autant d'impact que ce que je fais au quotidien, vu le nombre des personnes abonnées à ces différents avatars.
J'écris avatars, car comme toujours, la facette numérique, forgée et idéalisée peut souvent (pourquoi pas carrément "systématiquement") être éloignée de la vraie personne
Je vous entends dans le fond de la salle de repos murmurer: "mais qu'est-ce que ça peut bien lui faire à la blogueuse en carton, que des vétos brillent sur la toile! Elle est jalouse parce qu'ils ont plus de succès qu'elle?"
Et bien, même pas! Et toc!
En fait, ce qui me gêne, c'est quand par le biais des réseaux sociaux, MA profession est associée à des aliments aux bienfaits douteux, à de la litière pour chats, et pire encore, à diffuser des messages que je juge délétères pour la santé de nos/vos compagnons, des fausses informations et/ou rumeurs. Ça, pour moi, c'est criminel. Parfaitement, le terme n'est pas trop fort.
Promulguer des pratiques anti-vax, diffuser des conseils douteux, vendre des services en utilisant un vétérinaire comme caution morale, je le condamne. Créer des faux profils de vétérinaires, soit-disant diplômés et installés à Lyon/Marseille/Bordeaux/etc depuis 15-20 ans pour mieux les crédibiliser, en les matérialisant avec des photos issues de l'IA (bourrées d'erreurs mais ça, on le laissera de côté c'est un détail), je le condamne. Que des confrères bien réels cèdent à certaines sirènes ( lesquelles, on s'en moque, c'est un détail) pour se laisser mettre en vitrine, je ne le condamne pas mais je le déplore.
On ne va pas se mentir, le nerf de la guerre c'est l'argent. Cependant, à moins d'être en situation de devoir payer plus de pensions alimentaires qu'on ne peut les financer en vaccinant les kikis à mémères à tour de bras, où d'être abonné-perdant chronique dans tous les casinos de France et de Navarre, il me semble néanmoins qu' aujourd'hui on peut encore vivre tout à fait correctement de notre métier, le classique, celui qui consiste à soigner, prévenir, accompagner les poilus (et autres) et leurs propriétaires, en se faisant payer honnêtement . Et se faire payer honnêtement, j'en ai déjà parlé par ailleurs, c'est une évidence.
Être vétérinaire reste aujourd'hui un privilège, et pour peu qu'on aime ce métier, inutile de vendre son âme au diable pour briller, partager son savoir, caresser son égo et améliorer son estime de soi.
Un bémol ici à cette dernière phrase lapidaire: des confrères offrent effectivement des services, payants, en utilisant les réseaux pour diffuser leur offre, ce qui est légitime et logique. C'est leur métier, qui s'appuie sur leurs expérience, leur parcours et leurs compétences de vétérinaires. Ils ne sont pas concernés par ma diatribe, ils ont toute mon admiration pour leur vécu et leur travail, et leur utilité dans l'accompagnement des vétérinaires en exercice.
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" Ce podcast vous est présenté par Anthony Bour, vétérinaire français, coach professionnel et formateur en communication interpersonnelle & managem ...
Un podcast que j'apprécie pour les sujets abordés, et pour son auteur.
Avant de finir par froisser quelqu'un en dénonçant un commerce licite comme de la vente mensongère, et avant de finir par dériver sur les expatriés volontaires en perdition quand leur paradis fiscal part en sucette (c'est d'actualité), je mets un terme ici à l'étalage de certaines pratiques en rapport avec mon métier sur les réseaux sociaux, et qui me hérissent le poil. Mon poil fin et doux ne supporte pas de rester hérissé trop longtemps.
Je reviens donc bientôt pour parler d'un sujet beaucoup plus léger (2,1 kilos quand même à ce jour). Je veux parler d'Antoinette, 13 semaines au compteur!🎉
Info importante: aucune photo retouchée n'a été employée pour illustrer cette publication...🤣